enquetes de terrain du projet StimLactationPlantes RDC

StimLactationPlantesRDC

Enquêtes sur les pratiques liées à l’allaitement maternel dans le Sud-Est de la République démocratique du Congo.

Partenaires :

  • UMR Nantes Université – INRAE PhAN, France
  • Cirad, France
  • FSAE ; Faculté des Sciences des Aliments et de l’Environnement
  • Université Nouveaux Horizons (UNH), RDC

L’allaitement maternel (AM) est recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour ses capacités à réduire la mortalité et les infections gastro‑intestinales et respiratoires des nourrissons ainsi qu‘à diminuer le risque de cancer du sein et de l’ovaire mais aussi de diabète de type 2 chez les mères. Cependant, ce taux d’allaitement est très en deçà des objectifs de l’OMS, dans beaucoup de pays.

Pour pallier le manque ou la faible quantité de lait maternel, les femmes ont recours à des plantes galactogènes, traditionnellement utilisées pour stimuler la production de lait. L’usage de telles plantes et les modalités de préparation et d’administration sont diverses.

En Afrique, les travaux de recherche consacrés aux pratiques liées à l’allaitement maternel, jouent un rôle essentiel pour documenter les savoirs ethnobotaniques associés à la lactation. Ces recherches permettent non seulement d’identifier les principales plantes utilisées, mais de décrire leurs modes de préparation, leurs modalités d’administration et les contextes culturels qui orientent leur usage.

En RDC, les plantes galactogènes sont très peu documentées sur le plan ethnobotanique, pharmacologique et clinique, ce qui contraste fortement avec la richesse exceptionnelle de la biodiversité végétale congolaise et avec l’ampleur des savoir‑faire traditionnels en matière de santé maternelle et néonatale.

Combler les lacunes en matière de connaissances pour soutenir l’allaitement maternel

Ce projet de recherche vise à combler ce manque de connaissances qui limite non seulement la valorisation des savoir-faire locaux, mais freine également l’identification de ressources végétales potentiellement utiles pour soutenir l’allaitement maternel, améliorer la santé publique et orienter des recherches biomédicales innovantes.

Le projet porte sur des enquêtes de terrain sur les pratiques d’allaitement, l’identification de plantes galactogènes, l’extraction des phases aqueuse et organique de ces plantes pour déterminer la teneur en molécules bioactives susceptibles d’agir sur la lactation. Au moyen terme, le projet cherche à tester l’action de ces plantes sur la lactation dans des modèles précliniques.

Les résultats de ces recherches pourraient contribuer à l’installation d’un lactarium dans la ville de Lubumbashi (seconde ville de RDC). Alors que chaque création de lactarium s’accompagne d’une augmentation du taux d’allaitement dans sa zone de proximité immédiate, cela représenterait un bénéfice pour la santé supplémentaire pour la population locale. Une autre perspective potentielle est la formation à l’allaitement dans les centres de soins et les centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI), pour mieux faire connaitre les bonnes pratiques et les bénéfices de l’allaitement pour la mère et l’enfant, et pour interroger certaines pratiques d’alimentation néonatale comme l’usage de l’eau ou de glucose.

À ce jour, 65 mères ont répondu au questionnaire et les enquêtes de terrain continuent afin de récolter des données dans les régions plus éloignées de la ville, et auprès des tradipraticiens. Elles se font en parallèle de l’identification des plantes galactogènes.

«Si 81% des mères allaitent à la naissance, ce qui est très élevé, presque 2 mères sur 3 ont connu des retards dans l’initiation de l’allaitement. Ce projet met en évidence la nécessité et les besoins d’accompagnement des mères dans les structures de santé (publique, privée et missionnaire), et de formation des personnels de santé, à la fois sur les pratiques d’allaitement et sur la nutrition des mères, dans une perspective d’amélioration de la santé publique ».