Diet RestorPro
Étude du potentiel thérapeutique des aliments fermentés traditionnels africains dans le contexte des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI).
Partenaires :
- Université de Namibie (UNAM)
- Cape Peninsula University of Technology (CPUT, Afrique du Sud)
- INRAE
Diet-RestorPro étudie le lien entre l’alimentation, le microbiote intestinal et la santé humaine dans le contexte des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, ou MICI. Le projet s’intéresse plus particulièrement au potentiel thérapeutique des aliments fermentés traditionnels africains et à la manière dont ces aliments contribuent à restaurer des fonctions biologiques clés altérées dans les MICI, à savoir la composition du microbiote intestinal, l’intégrité de la barrière intestinale et l’équilibre protéolytique.
Contrairement aux traitements pharmacologiques, dont l’efficacité à long terme reste limitée, les produits fermentés contiennent des micro-organismes bénéfiques, des composés bioactifs et des probiotiques susceptibles d’influencer positivement la santé intestinale. Cependant, malgré la riche diversité des aliments traditionnels africains, ceux-ci restent largement sous-explorés dans la recherche scientifique, en particulier en ce qui concerne leur impact sur le microbiote intestinal et la réponse de l’hôte.
Le projet part d’un constat simple : si l’alimentation influence fortement la structure et le fonctionnement du microbiote intestinal, certains aliments pourraient aussi aider à limiter l’inflammation chronique. Dans cette perspective, Diet-RestorPro explore des produits fermentés issus de traditions alimentaires africaines encore peu étudiés, notamment des laits fermentés, des boissons à base de céréales, des aliments fermentés végétaux et des boissons à base de fruits positionnant les aliments fermentés africains comme des outils prometteurs, accessibles et durables pour la gestion à long terme des MICI et les positionne comme des outils prometteurs, accessibles et durables pour la gestion à long terme des MICI. Ces aliments ont été choisis parce qu’ils sont culturellement ancrés, largement consommés localement et susceptibles de contenir des micro-organismes et des composés bioactifs bénéfiques pour l’intestin.
Des expertises complémentaires
Le projet mobilise trois partenaires complémentaires. L’Université de Namibie assure la production d’aliments et de boissons selon des pratiques de fermentation traditionnelles, garantissant leur pertinence culturelle et biologique. Elle assure aussi les premières étapes de transformation et d’extraction des protéines et la préparation d’échantillons standardisés. La Cape Peninsula University of Technology réalise le profilage enzymatique et contribue à l’extraction biochimique ainsi qu’au fractionnement des protéines et des métabolites. INRAE pilote la caractérisation microbienne et fonctionnelle avancée des produits, notamment grâce au séquençage métagénomique et à des études in vivo sur des modèles murins de MICI. Cette collaboration permet d’aller de la fabrication des aliments jusqu’à l’évaluation de leurs effets biologiques dans un cadre expérimental.
Un projet labélisé TSARA
Grâce à TSARA, le projet bénéficie d’une intégration interdisciplinaire renforcée, reliant les sciences des aliments, la microbiologie, la santé et les systèmes agricoles dans une perspective élargie des systèmes alimentaires. L’initiative facilite également le renforcement des capacités et le transfert de connaissances, notamment en consolidant les compétences scientifiques et les infrastructures des institutions partenaires africaines.
Les premiers résultats sont prometteurs. Plusieurs produits fermentés montrent une forte capacité à inhiber des enzymes impliquées dans l’inflammation, comme l’élastase, la cathepsine G, la trypsine et la chymotrypsine. Le Mabisi, en particulier, présente des effets marqués sur certaines de ces cibles. D’autres résultats indiquent aussi un potentiel intéressant sur des enzymes liées au métabolisme des glucides et des lipides, ce qui élargit les perspectives du projet au-delà des seules MICI.
La suite du projet visera à consolider ces premiers résultats, à mieux comprendre les mécanismes d’action des aliments fermentés et à identifier les composés ou micro-organismes les plus actifs. À terme, Diet-RestorPro pourrait contribuer à développer des approches nutritionnelles simples, accessibles et culturellement adaptées pour accompagner la prise en charge des MICI, tout en valorisant des savoirs alimentaires traditionnels africains.